Il y a chez Justin une forme de calme discret qui se révèle presque immédiatement.

Il est poli, réfléchi et d’une humilité désarmante. Il se déplace avec une aisance respectueuse, héritée d’une éducation traditionnelle où les bonnes manières et la considération font partie du quotidien. Et, généralement, il est difficile de ne pas le remarquer lorsqu’il entre dans une pièce.

La première fois que j’ai rencontré Justin Tan, du haut de ses 6 pieds 5 pouces, c’était lors du gala Surmesur 2025 à Québec. Il portait un complet gris classique à coupe droite et discutait avec décontraction près des croissants, là où je me trouvais. J’ai remarqué qu’il avait délaissé le café et le thé sur la table pour simplement se verser de l’eau chaude dans une tasse. Aucun ajout, ni citron ni concombre, seulement de l’eau chaude.

« Pourquoi donc? » lui ai-je demandé.

Avec un sourire, il m’a expliqué que cela aidait à protéger son qi, son énergie, avant de me parler brièvement de la façon dont la culture chinoise perçoit les propriétés bénéfiques de l’eau chaude consommée seule. Un détail anodin, mais révélateur de l’ancrage culturel qui influence la façon dont Justin aborde les gens, le travail et même le rituel de s’habiller.

Justin est le récipiendaire 2025 du prix Expérience Surmesur, la plus haute distinction individuelle de l’entreprise. Ce prix n’est remis qu’une seule fois dans une carrière à la personne qui incarne le mieux l’esprit Surmesur : un service exceptionnel, des relations significatives avec les clients et les collègues, ainsi qu’une véritable maîtrise du métier. Son équilibre entre confiance et humilité explique peut-être pourquoi il semble si naturellement à sa place dans l’univers du sur-mesure : assez grand pour se démarquer, mais suffisamment ancré pour ne pas se prendre trop au sérieux.

Aujourd’hui, sa garde-robe reflète quelque chose de plus raffiné : des silhouettes droites, des palettes neutres et une assurance discrète qui semble réfléchie plutôt que démonstrative. 

Ci-dessous, Justin partage ce que représente pour lui l’expérience Surmesur, les leçons derrière son année primée et pourquoi un complet bien conçu demeure l’une des formes de communication les plus puissantes.

Vous êtes le récipiendaire du prix Expérience Surmesur 2025. Qu’est-ce que cela représente pour vous?

Honnêtement, je suis encore un peu surpris. Il y a tellement de personnes talentueuses dans l’entreprise qui ont eu des parcours beaucoup plus longs et marquants chez Surmesur. Être reconnu de cette façon dès ma première année complète avec l’entreprise est extrêmement valorisant.

Pour moi, l’expérience Surmesur représente vraiment notre proposition de valeur. L’idée est que ce qui se passe durant la consultation doit être mémorable et naturel, plutôt que transactionnel. Un client ne devrait pas avoir l’impression d’acheter simplement un complet. Il devrait sentir qu’il est guidé dans quelque chose de personnel. C’est là que la confiance se construit, et une fois cette confiance établie, la relation dépasse largement un seul achat.

Comment votre parcours dans la mode a-t-il commencé?

Avant la mode, je travaillais dans la vente en technologie, et étonnamment, cette expérience a beaucoup influencé ma façon d’aborder les consultations aujourd’hui. La nature de mon ancien rôle était très consultative. Il y avait une grande emphase sur l’écoute et sur la compréhension du problème que la personne cherchait à résoudre, afin de proposer des solutions très précises.

La même logique s’applique au sur-mesure. Lorsque vous comprenez le véritable besoin du client, tout devient plus simple. Ensuite, j’ai commencé à travailler dans le prêt-à-porter en 2020, avant de découvrir le sur-mesure en 2021. J’ai finalement rejoint l’équipe Surmesur en 2024 après avoir développé une véritable passion pour l’industrie et réalisé que je partageais les valeurs de l’entreprise.

Vous dites souvent que vous vous habillez aujourd’hui de façon très intentionnelle. Est-ce que ça a toujours été le cas?

Pas du tout. Si vous voyiez comment je m’habillais plus tôt dans ma carrière, c’est le jour et la nuit.

À l’époque, c’était beaucoup de coupes ajustées, de gros carreaux, de pantalons retroussés et de chevilles apparentes. En gros, je suivais toutes les tendances que je voyais en ligne. Puis j’ai réalisé que je créais des tenues pour Internet plutôt que pour ma vraie vie.

Aujourd’hui, je préfère quelque chose de plus sobre, mais réfléchi : des silhouettes droites, des tons neutres et des pièces polyvalentes qui fonctionnent dans plusieurs contextes. L’objectif est de maximiser l’utilisation de chaque pièce dans sa garde-robe.

Vous utilisez souvent le mot « intention » lorsque vous parlez de style. Qu’est-ce que cela signifie pour vous?

Pour moi, l’intention, c’est penser à l’ensemble.

Au lieu de se demander : « Est-ce que ça a l’air beau? », la question devient : « Où est-ce que cette pièce s’inscrit dans ma garde-robe? » Est-ce qu’elle fonctionne avec ce que je possède déjà? Est-ce cohérent avec mon mode de vie? Quel message transmet-elle?

C’est aussi l’approche que j’adopte avec les clients. Le complet n’est pas seulement un objet, il fait partie de leur histoire, de leur mode de vie et de leur confiance.

Une grande partie de la communication dans la vie est non verbale. La façon dont on s’habille peut dire quelque chose sur nous avant même que l’on parle.

Justin
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Vancouver

Vous avez aussi connu une année exceptionnelle au niveau des ventes. À quoi attribuez-vous ce succès?

Au début de l’année, j’avais un plan : me concentrer sur les témoignages clients et les avis Google. Quand on est le nouveau et qu’on se mesure à des stylistes déjà bien établis, la visibilité est importante. Les avis et témoignages créent une relation de confiance avant même que le client franchisse la porte.

Avec le temps, cela a créé un effet boule de neige. Plus d’avis ont mené à plus de rendez-vous, puis à plus de clients et davantage d’occasions d’offrir une expérience remarquable.

Quel conseil donneriez-vous aux autres stylistes qui souhaitent améliorer leurs consultations?

Le plus important est d’identifier les irritants du client, idéalement en l’amenant à les exprimer lui-même.

Une fois cela fait, vous pouvez le guider vers le bon tissu et concevoir exactement le type de vêtement qui répond à ses besoins. En parallèle, il faut éviter de devenir robotique ou d’utiliser une approche standardisée. Chaque client doit avoir l’impression que le vêtement a été conçu spécifiquement pour lui.

C’est cette individualité qui rend l’expérience spéciale.

Quel est le moment le plus gratifiant dans votre travail?

C’est le moment où le client essaie son complet pour la première fois.

Parfois, le client arrive avec des doutes ou un manque de confiance par rapport à son style. Puis il enfile le complet et on voit littéralement le changement. Sa posture change, son humeur change, toute sa présence devient plus assurée. Cette transformation est extrêmement satisfaisante.

Qu’est-ce qui continue de vous inspirer dans la mode?

Une grande partie de la communication dans la vie est non verbale. La façon dont on s’habille peut dire quelque chose sur nous avant même que l’on parle.

Pour moi, bien s’habiller est aussi lié à la façon dont j’ai été élevé. Dans une famille traditionnelle, le respect et les bonnes manières étaient très importants. Bien se présenter est une façon de démontrer du respect envers les autres et envers le contexte dans lequel on se trouve.

Donc, lorsqu’une personne est bien habillée, ce n’est pas seulement une question d’esthétique, c’est aussi un reflet de certaines valeurs.

Dernière question : avec votre 6’5’’ et votre passion pour le basketball, je dois vous demander… avez-vous déjà dunké sur quelqu’un?

Haha, oui… quelques personnes.

Mais je me suis aussi déjà fait « dunker » dessus. Quand on joue, parfois on gagne et parfois on perd. Ça fait partie du jeu.

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